Donner à Gustave

Les choses de la vie, la deuxième semaine

Une demande de vote par la poste à Élections Canada, Etienne qui soulève ses genoux l’un après l’autre -hop, hop! en cadence-, Gaye Lynn qui prend sa cuillère pour s’enfourner un gros bâtonnet de carotte, Beau qui visse et dévisse toutes les salières au passage, Gustave qui va à la salle de bain faire pipi tout seul, Jeremiah qui mange bien droit comme un grand, et re-Gustave qui cette fois s’assied tout seul sur la toilette, sans marchepied et mort de rire, maman qui a recommencé l’entraînement au Curves de Picton, une tortue trouvée sur le bord du chemin, et voilà les choses de la vie.

Certaines d’entre elles paraissent banales? Ajustons nos lunettes, simple question de perspective. Depuis lundi de la deuxième semaine, Gustave court quasi pour entrer en classe. Plus de pleurs. Après une semaine de madeleine, ça fait du bien. Beau ne s’y résout pas, et l’arrivée de son gran’pa et de sa honey du Texas n’a rien arrangé… Mais qui donc préférerait le travail à sa grand-mère?  Jeremiah pleure aussi, mais c’est tout-de-même mieux. Quant à Etienne, il est tenace. Il ne pleure pas, la lippe un peu, mais c’est un grand garçon fier qui entre tous les matins dans la salle de classe.

La deuxième semaine a été plus calme que la première, avec un peu de millage dans le corps et une meilleure habitude de la routine du camp. Les progrès sont constants, la descente en hyperbare se fait dorénavant en une dizaine de minutes versus 15-20 les premiers jours (des vrais pros de la décompression) et on constate non pas des avancées époustouflantes,  mais de petits changements significatifs tous les jours. Gustave a toujours détesté et fui les jeux de logique, casse-têtes et autres, tout ce qui touche l’organisation spatiale (une psy nous a d’ailleurs dit un jour qu’il ne sera jamais architecte ni ingénieur. Mais bon, nous sommes-nous dit dans notre grande sagesse, son père et moi ne le serons jamais non plus, alors…) Mais depuis quelques jours dans la chambre hyperbare, il emprunte à Etienne des jeux ma foi pas trop simples et qui pataugent exactement dans ces eaux troubles de la déduction par les formes. Alors je me dis que quelque chose se place quelque part, en cet endroit mystérieux nommé le cerveau.

Et tandis que les jours filent à toute allure et que les garçons font leurs classes (et que les parents commencent à faire leurs nuits) le deuxième week-end se prépare: tadam!  la visite de grand-papa, Camilien… Et papa.  À suivre demain pour les détails photos de ce merveilleux week-end.

(…)


One Comment on “Les choses de la vie, la deuxième semaine”

  1. Avatar de Françoise Françoise dit :

    Merveilleux récit et qui nous fait chaud au coeur!
    Petit à petit, avec courage et humour. Bravo Julie, Gustave, et toute la famille. Après tout une grand mère s’appelle Mordicus!
    F.